“Thermographie mammaire et mammographie : deux regards complémentaires sur la santé du sein”
Lundi 9 mars 2026

En 2023, 11192 femmes et 103 hommes ont reçu un diagnostic de cancer du sein en Belgique.
Aujourd’hui, une femme sur huit est susceptible de développer un cancer du sein au cours de sa vie.
L’âge moyen au moment du diagnostic est de 64 ans chez les femmes et de 70 ans chez les hommes.
Les traitements progressent et permettent aujourd’hui à un nombre croissant de patients de survivre à la maladie.
Mais ces traitements restent souvent lourds et éprouvants.
Ils peuvent associer chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie et traitements hormonaux.
Ces parcours thérapeutiques entraînent fréquemment des effets secondaires importants et peuvent altérer durablement la qualité de vie pendant et après les traitements.
Face à ces enjeux, la prévention et la détection précoce jouent un rôle essentiel dans la santé des femmes. Nous devons donc utiliser tous les outils possibles pour diagnostiquer les tumeurs lorsque les chances de survie sont optimales. En effet, plus tôt une maladie est diagnostiquée, plus il est probable qu’elle puisse être soignée ou gérée avec succès.
Différents outils d’observation de la santé des seins existent
Aujourd’hui, plusieurs outils tels que la mammographie, l’échographie, l’IRM et le thermographie permettent d’observer la santé du sein et d’identifier d’éventuelles anomalies.
La mammographie constitue l’examen de référence dans les programmes de dépistage. Tout comme l’échographie et l’IRM, elle repose sur l’analyse de la structure du tissu mammaire.
La thermographie repose sur une approche différente. Elle s’appuie sur l’aspect fonctionnel du tissu mammaire.
Ces approches sont COMPLEMENTAIRES et s’inscrivent dans des temporalités d’observation différentes.
Le développement d’une tumeur est un processus progressif.
À partir d’une seule cellule, il peut s’écouler plusieurs années avant qu’une masse tumorale devienne suffisamment volumineuse pour être détectée par les examens d’imagerie classiques, comme la mammographie.
L’imagerie structurelle permet de visualiser des anomalies déjà constituées dans le tissu mammaire.
L’imagerie thermique, quant à elle, met en évidence des modifications fonctionnelles ou vasculaires qui peuvent apparaître plus précocement dans l’évolution des tissus, et qui justifie une surveillance dans le temps.
La thermographie mammaire
La thermographie mammaire est une technique d’imagerie non invasive utilisant une caméra infrarouge pour détecter deux types de variations à la surface des seins.
Il s’agit d’une part de la variation de la température produite par notre métabolisme et d’autre part de la variation de la croissance des vaisseaux sanguins alimentant nos cellules.
La chaleur et l’angiogenèse augmentent lors de certains processus comme le développement de tumeurs bénignes ou malignes, d’infections (mastite, abcès, …) et maladie fibrokystique.
La thermographie peut notamment mettre en évidence des asymétries entre les deux seins.
Ces observations ne permettent pas de poser un diagnostic médical. Elles peuvent contribuer à l’évaluation de certains risques (de cancer notamment) et orienter vers un suivi médical lorsque cela est nécessaire.
La thermographie s’inscrit donc dans une approche de prévention et de suivi de la santé du sein. Sa particularité réside dans le fait qu’elle peut être utilisée de manière répétée afin d’observer l’évolution dans le temps. Une seule image thermographique apporte peu d’information. En revanche, la comparaison d’image au fil des années permet d’observer l’évolution physiologique du tissu mammaire. Elle devient alors un outil de surveillance fonctionnelle, complémentaire aux autres examens.
A quoi s’attendre pendant l’examen de thermographie
La thermographie est une méthode non invasive, sans douleur, sans contact ni compression, sans exposition à des substances potentiellement nocives comme les radiations.
La ligne directrice proposée est la suivante : un premier examen à l’âge de 20 ans, un examen tout les trois ans entre 20 ans et 30 ans et un examen annuel à partir de 30 ans.
L’examen dure entre 45 et 50 minutes.
Recommandations avant l’examen :
- 5 jours avant l’examen : évitez toute exposition prolongée au soleil
- 24 h avant l’examen : évitez toute stimulation physique et tout traitement : kiné, acupuncture, massage, … sur le cou, les seins et le dos, ne buvez pas d’alcool
- Le jour de l’examen : ne portez pas de vêtements serrés, comme un soutien-gorge, n’appliquez aucune lotion, crème, poudre ou maquillage sur les seins, n’utilisez aucun déodorant ni anti-transpirant
- 4 h avant : ne faites pas de sport, évitez les médicaments anti-douleur
- 2 h avant : ne buvez pas de boissons chaudes ou froides
- 1 h avant : ne prenez pas de bain, ne pas allaiter
Déroulement de l’examen :
- Vous serez invitée à vous installer dans l’espace réservé à l’imagerie. Il vous sera demandé de dévêtir votre buste afin de permettre une période d’acclimatation à la température ambiante avant la réalisation des images.
- Après 15 minutes, prise d’une série d’images comprenant des vues de face, latérales et obliques.
- Un refroidissement doux à l’aide d’un ventilateur sera ensuite réalisé.
Ce stimulus thermique déclenche une réaction physiologique naturelle du corps, entraînant une contraction des vaisseaux sanguins. Cette réaction permet d’observer le comportement vasculaire des tissus mammaires lors de la prise des images.
La restitution des résultats se fait à mon cabinet de consultation.
Plusieurs grades sont utilisés pour la restitution des résultats protocolés par un médecin partenaire, les voici :
| Grade | Signification | Interprétation |
|---|---|---|
| TH1 | Thermographie normale | Symétrie thermique entre les deux seins. Pas d’activité vasculaire suspecte. Situation physiologique stable. |
| TH2 | Variation bénigne | Légères asymétries thermiques ou variations vasculaires considérées comme physiologiques. Aucun signe inquiétant. |
| TH3 | État thermique intermédiaire | Certaines asymétries ou activités vasculaires nécessitent une surveillance dans le temps. Pas nécessairement pathologique mais mérite un suivi. |
| TH4 | Activité thermique anormale | Hypervascularisation ou asymétries thermiques significatives pouvant suggérer un processus biologique actif. Investigations complémentaires recommandées (mammographie, échographie…). |
| TH5 | Activité thermique très suspecte | Modifications thermiques importantes et persistantes pouvant être associées à un processus tumoral. Évaluation médicale rapide recommandée. |
Vers une approche plus proactive de la santé des femmes
De plus en plus de femmes souhaitent aujourd’hui devenir actrice de leur santé.
Comprendre leur corps, observer son évolution et s’inscrire dans une démarche de prévention font partie de cette dynamique.
Dans ce contexte, certaines approches complémentaires comme la thermographie mammaire suscitent un intérêt croissant.
L’essentiel reste toutefois d’intégrer ces outils dans une démarche médicale cohérente, en collaboration avec les professionnels de santé.
Car prendre soin de sa santé, c’est avant tout prévenir et ensuite observer, comprendre et agir au bon moment.
